Dans le box des prévenus, un homme est mis en cause pour des violences envers son ancienne compagne. Deux versions s’affrontent.
Dans le box des prévenus, un homme est mis en cause pour des violences envers son ancienne compagne. Deux versions s’affrontent.
Après une rupture compliquée, la jeune femme avait demandé une ordonnance de protection à la justice. Le juge aux affaires familiales la lui avait accordée au début de l’année. Autrement dit, il n’avait plus le droit de se présenter au domicile de son ex-compagne, ni d’entrer en contact avec elle.
En partie civile, l’avocat de la plaignante, Me Poloni, résume : "Elle avait peur car il la surveillait par traceur, par caméras. Il l’avait coupée de ses proches. Elle avait travaillé pour lui et lui devait une grosse somme. Elle obtient l’ordonnance mais il s’introduit chez elle. Ce n’est qu’alors qu’elle dépose plainte. Elle a peur, elle a vu ses armes. On ne les a pas trouvées chez lui mais on a mis la main sur une centaine de cartouches".
Ce qui lui vaut un renvoi devant le tribunal pour détention d’armes, violences et violation de domicile.
"Il entre en force chez elle pour parler de cette séparation, poursuit la procureure. Il la pousse au sol, mais elle se défend jusqu’à réussir à le faire partir. L’unité de médecine légale lui a diagnostiqué un traumatisme psychologique et a noté deux jours d’ITT. Lui, il nous produit des enregistrements de menaces émanant d’elle mais sans aucune date ni force probante".
Et de requérir six mois aménageables et six mois avec sursis probatoire.
"Écrasant est le poids de la parole des femmes en procédure, récite d’un ton docte Me F. Parrat. Elle le pousse, il la repousse. Entre hommes, on aurait parlé de violences réciproques. Violation de domicile ? Elle lui a ouvert et laissé entrer ! C’était en février, il revenait de l’étranger et l’ordonnance ne lui avait pas été signifiée. Il revient la voir malgré tout ce 18 mai. C’est vrai, mais il voulait uniquement récupérer les codes d’accès de son E-Cloud car elle avait fait des déclarations mensongères le concernant qu’il devait rectifier auprès des assurances et de ses clients. C’est lui qui a été gazé par elle et frappé avec un tabouret. Jamais, lui, ne l’a frappée".
Le tribunal oublie la violation de domicile mais condamne pour le surplus à douze mois, intégralement assortis du sursis, avec interdiction de revoir son ancienne compagne.