Un rabbin anversois affirme qu’une bague en diamant offerte à Trump pour l’anniversaire des États-Unis aurait servi à faire pression sur l’enquête des circoncisions rituelles. Qui est-il ? ...
Un très beau cadeau. Donald Trump s'est vu offrir par le secteur diamantaire anversois une bague sertie de 321 diamants à l'occasion du 250e anniversaire des États-Unis. Moshe Friedman, un rabbin anversois, estime que ce cadeau a été offert dans le but d'exercer une pression politique sur la Belgique, comme le rapportent HUMO et De Morgen.
En effet, l'enquête sur les circoncisions rituelles pratiquées de manière illégale par des mohels a déjà fait couler beaucoup d'encre, surtout depuis que Bill White, l'ambassadeur américain, s'en est mêlé en critiquant certains dirigeants politiques belges. Selon le rabbin, le cadeau offert à Trump ajoute encore une couche à l'affaire déjà complexe : "Il s'agit là d'un cas flagrant de corruption, un point c'est tout", a expliqué le rabbin au journal HUMO. Il a donc décidé de porter plainte contre le président des États-Unis et a entrepris les démarches dans ce but.
Moshe Friedman avait déjà porté plainte contre deux mohels, qui se seraient rendus coupables, selon lui, de coups et blessures volontaires, d'abus sexuels et de viol, indique De Morgen.
Né aux États-Unis, M. Friedman est désormais connu pour être un rabbin controversé. Selon ses propres dires, il est un juif orthodoxe pratiquant, actif en tant que rabbin même s'il n'est pas officiellement reconnu car n'ayant pas suivi la formation requise, comme l'explique la VRT. Après s'être installé en Belgique, plus précisément à Anvers, il ne se serait pas intégré à la communauté juive locale. Il s'est même mis en opposition de cette communauté à la suite de propos controversés sur l'holocauste et le conflit au Moyen-Orient. Il s'oppose au sionisme.
L'homme se présente comme lanceur d'alerte et il s'est investi dans l'affaire de circoncision d'enfants juifs. Il est à l'origine de plusieurs plaintes contre ces pratiques.
Désormais, une autre plainte s'est ajoutée et, selon lui, le comportement de Bill White doit être remis en question.
"La Belgique sera désormais considérée comme antisémite": Bill White attaque (à nouveau), Maxime Prévot lui répondL'ambassadeur américain avait suivi l'affaire de très près, dès le début, et avait qualifié l'enquête d'antisémite. Maxime Prévot était alors intervenu et lui avait demandé de ne pas se mêler des affaires de la Belgique : "Je vous invite instamment à faire preuve d'une plus grande retenue et à replacer votre rôle dans son contexte. Il n'est pas approprié de critiquer publiquement un pays et d'en ternir l'image simplement parce que vous n'êtes pas d'accord avec des procédures judiciaires", avait-il écrit sur X en mai dernier.
Selon Friedman, on peut voir derrière le comportement de Bill White la main de Donald Trump : "L'ambassadeur Bill White a déclaré à plusieurs reprises qu'il recevait dès le début des instructions directes de Trump et qu'il agissait exclusivement sur la base de ces instructions". Le rabbin associe donc ces comportements à la bague en diamant offerte à Trump par le secteur diamantaire anversois, traditionnellement associé aux communautés juives : "Lorsqu'un cadeau d'une valeur exceptionnelle est offert à un président considéré comme un allié politique important, je trouve légitime de s'interroger sur les intentions qui le sous-tendent."
Pour l'instant, Donald Trump n'a pas pris la parole dans l'affaire des mohels, contrairement à son ambassadeur.
"Il est allé contre toutes les règles habituelles de la diplomatie" : la sortie de l'ambassadeur américain est-elle un précédent inédit ?Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.