Un mandat international a été délivré concernant une femme ukrainienne, âgée de 39 ans. Elle est toujours activement recherchée et pourrait ne pas avoir agi seule.
Une photo rendue publique par Interpol le 3 juillet 2026, montrant Anastasiia Berezovska, principale suspecte dans l’explosion à Monaco contre la famille de l’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev le 29 juin 2026. HANDOUT / AFP
Trois jours après l’explosion du colis piégé à Monaco, l’enquête se précise. Une « notice rouge » publiée ce vendredi 3 juillet par Interpol, équivalent d’une demande internationale d’arrestation, donne plus de détails sur l’identité de la principale suspecte. En fuite, elle est recherchée pour « tentative d’assassinats, dépôt dans une intention criminelle sur la voie publique d’un engin explosif, association de malfaiteurs ».
Dans la soirée du lundi 29 juin, un colis piégé installé dans le hall d’un immeuble a blessé dans son explosion l’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev, sa femme et son fils. L’une des victimes a toujours son pronostic vital « engagé » selon le procureur général de Monaco, Stéphane Thibault.
· Une ressortissante ukrainienne53 heures auront été nécessaires aux enquêteurs pour identifier la principale suspecte de l’attaque. Selon l’Organisation internationale de police criminelle, il s’agirait d’une femme ukrainienne, identifiée comme « Anastasiia Berezovska ».
Âgée de 39 ans, elle apparaît sur deux photos rendues publiques par la « notice rouge » portant des cheveux bruns mi-longs. Elle est vêtue d’un t-shirt à manches courtes à rayures blanc et noir, d’un short et de baskets blanches. De « forte corpulence » selon Stéphane Thibault, elle a « un imposant tatouage au bras », probablement un serpent.
Après l’explosion, « Anastasiia Berezovska » aurait pris la fuite par la France vers l’Italie, avant de retourner en Allemagne, dans une voiture de location allemande. Une location qui a justement permis d’identifier la suspecte. « Ce véhicule appartenait en réalité à une société de location, installée dans le pays de domicile de la personne suspectée (...) il avait été loué spécifiquement en vue du séjour en principauté », précise Stéphane Thibault.
L’avis de recherche précise que « sa langue parlée » est l’allemand. « Le Figaro », qui a révélé dès jeudi soir que la personne recherchée était une femme, a également indiqué qu’elle résiderait en Allemagne. La police allemande a affirmé ce vendredi que son domicile a été perquisitionné, sans que la suspecte ne soit retrouvée. « Des éléments de preuve ont pu être saisis et seront remis aux autorités monégasques », a précisé la police de la région de Hesse et du parquet de Francfort.
· Grimée en homme le soir de l’attaqueLe procureur adjoint de Monaco a ajouté lors de la conférence de presse que la suspecte s’était « grimée en homme » pour commettre l’attaque.
Après les faits, une photo d’une vidéosurveillance a été diffusée, censée montrer un suspect de l’attaque. Communément identifié comme un homme, l’image montre une personne portant un pantalon clair et un haut noir. Son visage, quant à lui, était en partie dissimulé par un bob noir, complexifiant l’identification
Avant de finalement se réorienter « vers une personne de sexe féminin » après une « exploitation plus large de la vidéosurveillance urbaine » et le témoignage d’une personne qui serait rentrée en contact avec elle, selon le procureur général adjoint de Monaco Morgan Raymond lors d’un point presse ce vendredi matin.
· Plusieurs repéragesSelon Morgan Raymond, cette femme aurait effectué plusieurs repérages les jours précédant l’explosion. Avant de déposer son engin explosif dans le hall du Sun’s Palace à Monaco le lundi 29 juin au soir, des images de vidéosurveillance montreraient une personne « vêtue de la même manière » les jours précédent selon « Le Parisien », en plein repérage.
Le procureur a notamment ajouté que « le 28 juin 2026, seul jour pour lequel aucune observation n’avait été faite par l’individu porteur du bob, une personne de sexe féminin procédait au même cheminement autour du lieu de l’explosion », avec une « attitude comportementale » similaire.
Le soir des faits, elle aurait déposé sur le perron l’engin explosif confectionné artisanalement et attendue l’arrivée de ces cibles. Elle se serait retournée « pour confirmer la présence des trois victimes » avant de déclencher la bombe « à l’aide d’une télécommande ».
· La suspecte n’aurait « pas agi seule »Alors que la principale suspecte est toujours activement recherchée, les enquêteurs sont également à la recherche d’éventuels complices. L’attaque « semble indiquer que la personne ayant posé l’engin explosif n’a pas agi seule », a révélé le procureur adjoint de Monaco.
« La relative sophistication de l’engin explosif et le modus operandi semblent indiquer que la personne ayant posé l’engin explosif n’a pas agi seule », a ajouté Morgan Raymond, sans apporter plus de détails. Mercredi et jeudi, deux hommes ont été interpellés et placés en garde à vue, sans pour autant qu’une quelconque participation de leur part dans l’affaire n’ait été démontrée.
Par Jade Santerre (avec AFP)