Tadej Pogacar a égalé le record en remportant son 5e Tour de France ce dimanche. Paul Seixas a terminé au pied du podium et donné rendez-vous alors qu'aucun Français n'a remporté d'étape dans cette Grande Boucle marquée par des parcours raccourcis en raison de la canicule et des incendies.
Tadej Pogacar a égalé le record en remportant son 5e Tour de France ce dimanche. Paul Seixas a terminé au pied du podium et donné rendez-vous alors qu'aucun Français n'a remporté d'étape dans cette Grande Boucle marquée par des parcours raccourcis en raison de la canicule et des incendies.
Parti de Barcelone le samedi 4 juillet pour un contre-la-montre par équipes, une formule inédite pour une première étape depuis 1971, le peloton a traversé les Pyrénées puis un Sud-Ouest écrasé par la canicule avant de rejoindre le Jura et les Vosges. Au terme de ces trois semaines de course, Tadej Pogacar a survolé le Tour de France pour le remporter une cinquième fois et ainsi rejoindre au palmarès, Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Si la France n'a pas vu l'un de ses coureurs gagner un victoire d'étape, mais elle a trouvé une révélation en la personne de Paul Seixas, qui a terminé au pied du podium, devant Lenny Martinez 5e, comme une promesse pour les années à venir.
Pogacar dans le club des cinqIntouchable, inaccessible, irrésistible, seul au monde... les superlatifs pleuvent devant la domination de Tadej Pogacar qui a écrasé cette 113e édition caniculaire avec une avance de 6'26 sur le Belge Remco Evenepoel, en remportant cinq étapes au passage.
Pogacar devient le cinquième coureur de l'histoire à gagner le Tour à cinq reprises, le plus jeune, après Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Un record depuis que les sept victoires de Lance Armstrong, entre 1999 et 2005, ont été rayées du palmarès pour dopage.
Dès la première semaine du Tour, Tadej Pogacar a annoncé la couleur. On pensait naïvement qu'il faudrait attendre les Alpes, en troisième semaine, pour savoir qui l'emporterait à Paris, mais le Slovène a coupé court à tout suspense dès la troisième étape dans les Pyrénées aux Angles. Si cela n'était pas suffisamment clair, le crack de l'équipe UAE en a remis une couche lors de la sixième étape entre Pau et Gavarnie-Gèdre. Lancé par son coéquipier Isaac del Toro, Pogacar n'a pas attendu à la montée finale. À la manière d'une classique, il est parti en solitaire à 43 km de l'arrivée, le plus long raid solo de sa carrière, il a avalé le Tourmalet, dévalé une descente à plus de 100 km/h et s'est offert une arrivée triomphale à Gavarnie.
En deuxième semaine, Tadej Pogacar a ajouté l'étape du 14 juillet au Lioran à sa très longue liste de victoires. Ce qui lui a permis d'endosser le 61e maillot jaune de sa carrière, dépassant l'Espagnol Miguel Indurain. Une hégémonie totale du Slovène qui n'est pas forcément du goût de tout le monde. Le maillot jaune a été hué par une partie du public sur les routes menant au Lioran. Une attitude qu'a condamnée son rival Jonas Vingegaard. "J'ai aussi entendu les huées et, à mes yeux, c'est inacceptable. Encouragez les coureurs, profitez de la course, sinon restez à la maison", a commenté le leader de Visma. "J'ai moi-même vécu ça en 2023 (lors de sa deuxième victoire dans le Tour) et ce n'est pas agréable à vivre", a-t-il ajouté.
Il a assommé la course au Markstein dans le massif vosgien et à l'Alpe d'Huez, sa première à ce sommet. Il a failli en rajouter une sixième dimanche lors de la dernière étape dans Paris, raccourcie à 89 km pour soulager les forces de sécurité mobilisés par les incendies en Gironde, mais exceptionnelle.
Le maillot jeune Tadej Pogacar, Isaac Del Toro, maillot du meilleur jeune, Richard Carapaz meilleur grimpeur, et Mads Pedersen maillot du meilleur sprinteur © AFP L'abandon de Jonas VingegaardLa suprématie du double champion du monde, ainsi que son insolente facilité à dompter les cols les plus durs, a rapidement tué tout suspense, d'autant que son grand rival Jonas Vingegaard a dû abandonner sur chute lors de la quinzième étape.
Toujours triste de voir un coureur de la classe de Vingegaard abandonner à cause d'une chute. Le Danois de la Visma-Lease a Bike est lourdement tombé en sortie de rond-point dans la 15e étape, à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée au plateau de Solaison. Le double vainqueur du Tour, rival préféré de Pogacar, est monté dans une ambulance en se tordant de douleur. Bilan : une clavicule cassée. C'est la première fois que Vingegaard abandonne la Grande Boucle depuis qu'il y participe.
TOUR DE FRANCE 2026 - STUPEUR ! Jonas Vingegaard CHUTE violemment et ABANDONNE
Un événement puisque depuis 2020, Pogacar et Vingegaard se partageaient les deux premières places au général. "Sans lui, le Tour ne sera pas le même. Je suis vraiment triste de le voir partir comme ça. On est de grands rivaux, avec beaucoup de respect, des amis en quelque sorte", a réagi le Slovène, compatissant, avant de rappeler que le Danois avait connu une journée "vraiment pourrie". Elle avait commencé très tôt, à deux heures du matin, lorsque Vingegaard a été sorti du lit par un contrôleur de l'Agence antidopage internationale venu le soumettre à un test inopiné (voir plus bas).
Polémique après un contrôle antidopage nocturneC'est la polémique de ce Tour 2026. Cette suprématie a également convoqué les questions qui escortent la formidable carrière du Slovène depuis ses débuts et ressurgissent à chaque été. Comme Vingegaard, il a été réveillé en pleine nuit pendant le Tour pour un contrôle nocturne rarissime qui, selon le règlement antidopage de l'UCI, doit être motivé par "des soupçons graves et spécifiques". "Si c'est nécessaire pour prouver qu'on est propres je l'accepte totalement", a réagi Pogacar qui nie toute pratique illicite.
Interrogé lundi au micro de la direction des Sports de Radio France, le directeur du Tour, Christian Prudhomme, a réagi : “Je comprends la réaction des coureurs. 2h du matin, 5h du matin, évidemment que ça peut paraître surprenant.” Il a toutefois rappelé que “l'agence internationale [antidopage] est indépendante” : “On s'est battu pendant des années pour avoir une agence indépendante, on a une agence indépendante.”
L'ITA a prévu de contrôler 600 échantillons sur le Tour de France 2026. Tous les coureurs ont été contrôlés le même jour, lors de la deuxième journée de repos le lundi 20 juillet en Haute-Savoie.
Paul Seixas prend rendez-vousÀ 19 ans, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) est la révélation de ce Tour 2026. Le jeune Français a pris date en tenant le choc pendant trois semaines alors qu'il était le plus jeune coureur au départ de la Grande Boucle depuis 1937. Sa déception de rater le podium en dit long sur les ambitions du Lyonnais qui a tout pour succéder à Bernard Hinault, dernier vainqueur français en 1985, et le temps joue pour lui. Il a dit avoir "déjà hâte" de revenir l'an prochain : "Aujourd'hui, je suis 4e et je suis très content d'être là. On a tout tenté pour se battre pour le podium et ça c'est quand même une très belle chose", s'est réjouit le cycliste au micro d'ICI à son arrivée à Paris ne cachant pas une certaine déception. "C'était magique même si forcément j'ai toujours des hautes ambitions mais voila, des fois on gagne et des fois on perd mais on apprend toujours et là j'ai beaucoup appris et je suis content de cette expérience" a-t-il ajouté.
Le Lyonnais a confirmé son printemps flamboyant, marqué par une victoire à la Flèche Wallonne, un succès au Tour du Pays basque et une deuxième place sur Liège-Bastogne-Liège.
Encadré par Romain Bardet, devenu directeur sportif, il a pris la 3e place de l'étape entre Aurillac et Le Lioran le 14 juillet.
S'il a cédé du terrain face à ses rivaux dans le plateau de Solaison (11,3 km à 9,1 %) en craquant à environ sept kilomètres du sommet, le coureur, qui disputait sa première course de trois semaines, continue d'impressionner. “Le garçon n'a que 19 ans, il faut être satisfait de cette belle deuxième semaine, du classement où on est”, a positivé son directeur sportif, Julien Jurdie.
Si la popularité du Lyonnais a explosé ces derniers mois, sur le col du Haag, ascension inédite au menu des coureurs ce 18 juillet, il reste toutefois quelques irréductibles Alsaciens qui ne sont pas encore tout à fait au point 😊
Sur la route du Tour, le 15 juillet 2026 © AFP - Loïc VENANCE Zéro pointé pour les FrançaisTrois Français terminent dans le Top 10 pour la première fois depuis 2022 avec aussi la cinquième place de Lenny Martinez - qui a aussi signé une belle deuxième place dans la 19e étape ce vendredi à l'Alpe d'Huez - et la dixième place au général de Jordan Jegat.
Mais le bilan des Bleus est terni par l'absence de victoire française cette année. Cela n'était arrivé que deux fois dans l'histoire du Tour, en 1926 et en 1999. Comme l'Italie et l'Espagne repartent également bredouille, aucun des trois pays accueillant un grand Tour n'a remporté d'étape pour la première fois de l'histoire plus que séculaire de l'épreuve.
A retenir tout de même le panache de Valentin Paret-Peintre, lancé dans la course au maillot à pois et qui échoue de peu. Baptiste Veistroffer a également montré le maillot en se glissant dans plusieurs échappées tout au long du Tour, ce qui lui a permis de décrocher deux fois la distinction du combatif du jour.
Trois étapes modifiées à cause de la canicule et des incendiesDu jamais vu. Le Tour de France 2026 a été impacté comme jamais par la canicule et les feux de forêt, conduisant à la modification de pas moins de trois étapes.
Pour la première fois dans l'histoire du Tour : la 9e étape entre Malemort et Ussel, en Corrèze, a été raccourcie de 30 kilomètres en raison du passage du département en vigilance rouge.
La chaleur a entraîné d'autres adaptations. La 3e étape entre Granollers et Les Angles s'est déroulée sans caravane publicitaire et “sans public” dans sa partie française, en raison d'un important incendie dans les Pyrénées-Orientales. Le thermomètre est monté jusqu'à 38 °C à l'arrivée à Foix et a frôlé les 34 °C entre Lannemezan et Pau. Face à ces conditions, l'UCI a exceptionnellement assoupli ses règles de ravitaillement, autorisant les musettes dans des zones habituellement réservées aux seuls bidons.
Face aux fortes chaleurs, certains coureurs se sont abrités dans un centre de presse juste à après la ligne d'arrivée pour profiter de la climatisation.
Enfin, la dernière étape a été modifiée dimanche pour soulager les forces de l'ordre et les pompiers mobilisés sur les incendies qui touchent le Sud-Ouest de la France. Le parcours a été réduit à 88 km dans Paris.
Deux jours, deux arrivées, deux vainqueurs à l'Alpe d'HuezLe vendredi 24 juillet, la 19ᵉ étape partie de Gap (127,9 km) s'est achevée au bout des 21 virages avec un maillot jaune impérial : Tadej Pogacar a attaqué à une douzaine de kilomètres de la ligne, est revenu seul sur les échappés, puis a lancé son sprint à 900 mètres de l'arrivée pour devancer le Français Lenny Martinez et Richard Carapaz. C'était sa première victoire à l'Alpe d'Huez, et elle s'est accompagnée d'un record : les 21 virages avalés en 35'26'', mieux que Marco Pantani. Le maire d'Huez a annoncé dans la foulée que son nom allait être inscrit sur le panneau du virage numéro 10, à côté de celui de Bernard Hinault.
Le samedi 25, la 20e étape, annoncée comme la plus dure de ce Tour 2026, 171 km au départ du Bourg-d'Oisans avec 5.450 mètres de dénivelé, la Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier, puis le col de Sarenne avant de revenir à l'Alpe, et elle a été à la hauteur de sa réputation. Richard Carapaz, déjà vainqueur deux jours plus tôt, y a réalisé un doublé parfait : passé en tête au sommet des principales difficultés, il s'est assuré le maillot à pois, puis a profité de deux chutes de l'Américain Sepp Kuss dans le final pour filer vers la victoire, devant Remco Evenepoel et Kuss lui-même.
Quelque 600.000 personnes étaient attendues vendredi dans les fameux virages de l'Alpe-d'Huez, un chiffre qui a marqué Christian Prudhomme : le directeur du Tour a confié n'avoir jamais vu autant de monde dans la montée : "C'est infiniment stressant", a expliqué le directeur du Tour de France au micro d'ICI Isère, alors que les coureurs appréhendaient d'être gênés sur l'ascension.
Torstein Træen, du cancer au maillot jauneC'est l'une des belles histoires de cette première semaine. En se glissant dans l'échappée de Foix lors de la 4e étape, le Norvégien Torstein Træen (Uno-X Mobility) a endossé le premier maillot jaune de sa carrière, également le premier de l'histoire de sa formation. À 30 ans, il est devenu le troisième Norvégien à porter la tunique de leader du Tour, après Thor Hushovd, aujourd'hui son manager, et Alexander Kristoff.
Le symbole est fort : Torstein Træen a été touché par un cancer, diagnostiqué en 2022, qui l'a éloigné plusieurs mois de la compétition. Il a conservé son maillot à l'issue de la 5e étape avant de chuter lourdement dans la descente du Tourmalet lors de la 6e étape et de basculer à 8 minutes de Tadej Pogacar. Contraint à l'abandon, il n'a pas pris le départ de la 7e étape, a annoncé Uno-X Mobility.
Merlier roi du sprintLe Belge Tim Merlier (Soudal Quick-Step) s'est imposé comme le meilleur sprinteur de ce Tour, avec une troisième victoire en cinq occasions, jeudi à Chalon-sur-Saône, lors d'une 12e étape marquée par une violente chute dans le final. Cette chute a contraint le Colombien Fernando Gaviria (Caja Rural) et le Belge Jenno Berckmoes (Lotto Intermarché) à l'abandon. Tim Merlier a lui-même quitté le peloton dimanche. Le maillot vert est resté sur les épaules de Mads Pedersen (Lidl-Trek), qui a engrangé le maximum de points aux sprints intermédiaires. Il s'en est assuré jusqu'à la 18e étape, première de la trilogie alpestre, en passant la journée à l'avant pour sécuriser ses points au sprint intermédiaire. Rare pour un sprinteur.
Une étape recordLa 11e étape est entrée dans l'histoire du Tour comme la plus rapide jamais courue, avec 51 km/h de moyenne. “Pour vous donner une idée, sur cette étape, en restant dans le peloton, j'ai développé la même puissance que sur une sortie de récupération à l'entraînement. On pourrait rouler encore plus vite, faire 55 ou 56 km/h de moyenne si on roulait à fond toute la journée”, a assuré Benjamin Thomas (Cofidis) au départ de l'étape suivante, à Nevers Magny-Cours. Le lendemain, une étape plus vallonnée a été avalée à 49,1 km/h.
Le Grand Départ de Barcelone et des paysages somptueuxLe Grand Départ a été donné de Barcelone, en Catalogne, le samedi 4 juillet, avec un contre-la-montre par équipes de 19,6 kilomètres, une formule qui n'avait plus ouvert un Tour depuis 1971. C'était la troisième fois que la Grande Boucle s'élançait d'Espagne, après San Sebastian en 1992 et Bilbao en 2023. La Sagrada Familia, les monuments de Gaudi et la vue depuis les hauteurs de Montjuïc ont accompagné cette entame.
Le contre-la-montre au pied de la Sagrada Familia à Barcelone. © AFP - Josep LagoLe passage de la frontière, dès la 3e étape par le col de Toses puis le col du Calvaire au-dessus de Font-Romeu, a fait basculer la course dans l'univers des Pyrénées. La 6e étape a offert une arrivée inédite à Gavarnie-Gèdre, au pied du cirque glaciaire classé au patrimoine mondial de l'Unesco, après le franchissement du Tourmalet.
High five, roue sautée, Pinot en voisin : les insolitesChampion des États-Unis, Quinn Simmons (Lidl-Trek) s'est interrompu quelques secondes, jeudi, sur la 12e étape entre le circuit de Magny-Cours et Chalon-sur-Saône, pour saluer son père, présent sur de nombreuses étapes.
Sur la 13e étape, à Belfort, le Suisse Mauro Schmid a lui franchi la ligne d'arrivée en réalisant une “roue sautée”.
Thibaut Pinot est venu en voisin au départ de la 13e étape, entre Dole et Belfort, avec un passage par sa commune de Mélisey (Haute-Saône) lors du sprint intermédiaire. Troisième du Tour en 2014, aujourd'hui agriculteur, l'ancien coureur a qualifié Paul Seixas de “phénomène”. “Cette année, pour lui, c'est de l'expérience qu'il prend, et même s'il fait un top 5, il ne faut pas être déçu, ou un podium, et je pense qu'il a les jambes pour faire un podium”, a estimé le retraité.
Le jeune retraité Thibaut Pinot à Dole devant le bus de son ancienne équipe Groupama FDJ, le 17 juillet 2026. © Radio France - Julien LaurentDenis, animateur Cochonou, la star incontestable de la caravane ! Installé sur le village départ ou près de la ligne d'arrivée, pour vous distribuer une tranche de saucisson ou un bob à carreaux rouge et blanc. Ce Savoyard participe à son 13e Tour de France.
Vous l'avez sûrement aperçu au moins une fois sur le bord de la route. Mais que fait ce cyclope sur le Tour de France ? Maxime, notre reporter, a trouvé la réponse !
Déguisements, chansons, bonne humeur : comme chaque année, l'ambiance était au rendez-vous durant ces trois semaines de course.
La caravane ICICette année encore, ICI, votre radio locale, a pris place dans la caravane publicitaire du Tour de France avec ses véhicules bleus et ses éventails pour donner un peu d'air au public. Tous les jours, deux auditeurs de votre radio locale gagnent une place pour profiter de l'étape au cœur de la course, de quoi faire des envieux au bord de la route, où les spectateurs rivalisent d'imagination pour repartir les bras chargés de cadeaux.
Les voitures ICI sur la côte du Buisson pour le passage du Tour de France en Dordogne le 11 juillet 2026. © Radio France - Thibault Delmarle