Lassée par les conférences de presse, Aryna Sabalenka veut couper court à la routine. Sur ses réseaux sociaux, la Biélorusse a appelé à un bouleversement drastique de cet exercice, afin que le tennis puisse s'inspirer...
l'essentiel Lassée par les conférences de presse, Aryna Sabalenka veut couper court à la routine. Sur ses réseaux sociaux, la Biélorusse a appelé à un bouleversement drastique de cet exercice, afin que le tennis puisse s'inspirer de la Formule 1. Mais sa proposition attire déjà des opposants.
Aryna Sabalenka va-t-elle insuffler un vent de fraîcheur dans le monde du tennis ? Présente cette semaine au Canada pour le WTA 1000 de Toronto, l'actuelle numéro 1 mondiale commence à saturer des conférences de presse d’avant tournoi. Pour les rendre plus modernes, elle a jeté une bouteille à la mer sur son compte X.
How about pre tournament media to be changed?
— Sabalenka Aryna (@SabalenkaA) August 2, 2026
Top 10 players together for press conference? F1 style?
Fun no?
"Et si on changeait un peu la couverture médiatique avant le tournoi ? Les dix meilleurs joueurs réunis pour une conférence de presse ? À la manière de la F1 ? Ce serait sympa, non ?", demande-t-elle. Son idée ne fait pourtant pas l'unanimité auprès des suiveurs, à l'image d'Angelo Mangiante. "C'est justement là le problème avec le tennis : cette idée selon laquelle il n'y aurait que dix joueurs", s'est agacé l'ex-tennisman italien et journaliste pour Sky Italia. "C'est une énorme erreur qui témoigne d'un manque de respect envers les autres", répond-t-il sur X.
Un moment de partage en F1En Formule 1, les conférences de presse avant les Grands Prix se déroulent d'une manière assez conviviale et intégratrice. Ici, un petit groupe de pilotes est choisi pour passer en simultané devant les journalistes et le public accrédité. La presse est libre d'interroger n'importe quel pilote du groupe, si bien que le jeu des questions-réponses se fait devant tout le monde. Ainsi, les monoplacistes non concernés par une question peuvent écouter la réponse de leur rival ou partenaire. Ce qui donne parfois lieu à des moments cocasses.
Au tennis, en revanche, le format est nettement plus strict. Les joueurs et les joueuses se présentent à tour de rôle dans la salle de presse officielle du complexe, quelques jours avant le début des matchs principaux (pour les conférences d'avant tournoi). Chaque athlète est seul face aux journalistes - sans oublier l'attaché de presse - et doit répondre pendant quinze à vingt minutes aux questions posées. Un point commun lie tout de même les deux disciplines : en cas d'absence à ces points presse obligatoires, les champions s'exposent à des sanctions aussi bien financières que sportives.
Quelques passifs avec la presseSi Aryna Sabalenka veut instaurer de telles modifications, c'est aussi en raison de ses rapports avec les médias. En 2023, la femme de 28 ans avait par exemple choisi de ne pas participer à une conférence de presse d'après-match à Roland-Garros "pour préserver sa santé mentale et son bien-être". Quelques jours plus tôt, elle avait essentiellement été questionnée sur la guerre entre l'Ukraine et la Russie. Un sujet forcément délicat pour celle qui porte les couleurs biélorusses. "Je sais qu'ils (les journalistes, NDLR) s'attendent encore à des questions davantage axées sur la politique que sur mon tennis", avait-elle soufflé, en avouant ne pas s'être sentie "en sécurité" à ce moment-là.
Toujours à Paris, la double vainqueuse de l'US Open et de l'Open d'Australie a également vécu deux mois plus tôt l'une des pires défaites de sa carrière. Éliminée par Diana Shnaider (6-3, 5-7, 0-6) en quarts de finale de l'édition 2026, le 3 juin, la "tigresse" était apparue très affectée après la partie. "J'ai juste envie d'arrêter le tennis maintenant", avait-elle lâché, le regard vide. Pour le moment, aucune instance du tennis n'a réagi à son initiative. Mais le débat, lui, a le mérite d'être lancé.