Le parquet de Bordeaux a classé sans suite la procédure concernant des suspicions de "comportements inappropriés" qui avaient motivé la destitution de Jean Bourrousse. L'ancien directeur du collège Félix-Aunac d'Agen...
Le parquet de Bordeaux a classé sans suite la procédure concernant des suspicions de "comportements inappropriés" qui avaient motivé la destitution de Jean Bourrousse. L'ancien directeur du collège Félix-Aunac d'Agen saisit, avec l'appui de ses avocats, le conseil des prud'hommes en vue d'obtenir sa réintégration à l'enseignement catholique ainsi que la réparation de son préjudice moral.
De quoi relevaient exactement les "comportements inappropriés" dont était accusé Jean Bourrousse, de ce fait écarté de sa fonction de directeur du collège Félix-Aunac d'Agen ? Quelques mois après, tout reste encore flou pour le principal concerné qui soutient derechef, lors d'une conférence de presse organisée par ses avocats Mes Édouard Martial et Victor Casellas ce vendredi 18 septembre, "ne jamais avoir compris ce qu'on [lui] reprochait".
Sur le terrain judiciaire, en tout cas, l'enquête diligentée par le parquet de Bordeaux a abouti cet été à un classement sans suite. Les faits que l'on imputait au sexagénaire dans le cadre de sa mission de délégué de tutelle au sein d'un établissement de la même congrégation religieuse, à Bordeaux, n'ont pas été avérés. "M. Bourrousse n'a jamais été le destinataire d'une quelconque réclamation d'étudiants. C'était une attitude mal intentionnée de la part de ceux qui ont procédé à ce signalement en l'habillant avec des pseudo témoignages qui n'ont même pas été pris en compte par le parquet et qui ne donnent rien", fustige Me Martial.
L'affaire dévie aux prud'hommes"La fin d'un chemin de croix", "un soulagement", répète Jean Bourrousse, disant sortir à peine la tête de l'eau après avoir supporté le poids de l'opprobre dont ces accusations l'ont couvert. "J'estime que je suis une victime psychologique de la tutelle lassalienne. Je crois qu'elle s'est trompée de combat. Elle a abusé de son autorité, de son pouvoir, a mis Félix-Aunac dans un embarras pas possible. Ils avaient la possibilité de prendre un temps de recul en disant : qu'est-ce qu'il se passe ?"
Délesté de cette charge, l'ancien chef d'établissement entend obtenir réparation de son préjudice moral avec, en première ligne, sa réintégration immédiate à l'enseignement religieux et par conséquent à Félix-Aunac. Selon le "principe de précaution" appliqué par la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes, il s'était vu retirer la lettre de mission lui permettant d'exercer au sein du collège agenais. Ses avocats ont saisi le conseil des prud'hommes au motif d'un licenciement abusif, lequel avait résulté d'un processus expéditif de la part de l'autorité de tutelle qui n'a, jusqu'à aujourd'hui, jamais interrogé cet homme qui bénéficiait pourtant de la présomption d'innocence.
Jean Bourrousse n'a pas non plus été entendu dans le cadre des investigations dont il était le protagoniste, tout comme de potentielles victimes ne se sont jamais manifestées auprès de l'autorité judiciaire. "Ils n'ont pas estimé nécessaire d'entendre M. Bourrousse. Je ne sais pas dire ce qu'il y a eu dans ce dossier (...). L'ambivalence du comportement des gens qui ont agi contre lui s'est uniquement traduite par une procédure de signalement, provenant d'un collectif qui ne représente en réalité que trois professeurs", étaye Édouard Martial. "Pour des gens qui étaient sûrs des témoignages qu'ils avaient soi-disant recueillis, c'était quand même curieux de ne pas aller au-delà."
"Ça ne m'a pas enlevé la foi"L'affaire de mœurs qui a secoué l'institution lassalienne, avec la mise en cause d'un instituteur de l'école Saint-Genès pour des viols, agressions sexuelles et voyeurisme sur 36 victimes, aurait eu son rôle à jouer dans le congédiement de Jean Bourrousse. Sentiment partagé par le sexagénaire et ses conseils, estimant avoir été "un élément régulateur."
"Cette situation, ça ne m'a pas enlevé la foi, même si... Ça ébranle", reconnaît-il. Muré dans l'ombre depuis le début de la procédure, Jean Bourrousse a fait "sa première apparition en public depuis des mois" lors de la messe de rentrée qui s'est tenue en la cathédrale d'Auch. Un retour marqué "par un accueil chaleureux" dans son diocèse, Jean Bourrousse étant originaire du Gers où il a exercé comme professeur d'Histoire au sein du lycée catholique Saint-Jean pendant douze ans.