Depuis le 8 septembre, les pompiers du Lot-et-Garonne sont en grève, réclamant plus de moyens humains et financiers. Le colonel Pierre Hierholtz a rencontré les représentants du personnel à Agen pour discuter de leurs...
Depuis le 8 septembre, les pompiers du Lot-et-Garonne sont en grève, réclamant plus de moyens humains et financiers. Le colonel Pierre Hierholtz a rencontré les représentants du personnel à Agen pour discuter de leurs préoccupations. Parmi elles, la protection respiratoire en est une majeure. "Nous devons progresser dans notre capacité à évaluer plus finement le taux d'intoxication d'un sapeur-pompier en intervention", estime le directeur du SDIS 47.
Alerte rouge. Depuis le 8 septembre dernier, les pompiers du Lot-et-Garonne sont en grève. Ils réclament davantage de moyens humains et financiers. Le mouvement est national. "Ce ne sont pas des revendications corporatistes et individualistes, mais de vraies inquiétudes", commente le colonel Pierre Hierholtz.
En homme de dialogue, le directeur du service départemental d'incendie et de secours du Lot-et-Garonne (SDIS 47) a rencontré, mercredi, à Agen, les représentants du personnel venus exprimer leurs préoccupations. Les problématiques sont multiples. La santé en est une majeure.
Ce tourment traversé par l'ensemble du corps de ces héros du quotidien éclate après un été marqué par des incendies hors norme à Saumos (Gironde). En France, personne n'avait jamais vécu une telle opération. Ce désastre a jeté une lumière extrêmement crue sur l'enjeu de la protection respiratoire des soldats du feu.
"Nous n'avions jamais vu 32 000 hectares brûlés""Nous ne la découvrons pas, mais, depuis 77 ans, nous n'avions jamais vu 32 000 hectares brûlés et des sapeurs-pompiers plongés dans un environnement chargé de particules fines et de monoxyde de carbone pendant des heures et des jours, souligne le colonel. Nous avons constaté l'impact sur les organismes."
Il se dit "admiratif" du travail de ses prédécesseurs au niveau de la prévention du risque de toxicité. "Nous devons toutefois encore progresser dans notre capacité à évaluer plus finement le taux d'intoxication d'un sapeur-pompier en intervention afin de pouvoir le retirer avant que ce ne soit catastrophique".
"Et, ajoute-t-il, optimiser l'organisation pour permettre de mettre des pompiers au repos plus facilement dans le but de les remplacer par d'autres plus frais. Car, aujourd'hui, nous n'avons pas les moyens d'empêcher totalement une exposition au monoxyde de carbone sur les feux d'espace naturel. Donc, il faut la limiter."
Le sujet des cagoules revient régulièrementAvec des cagoules appropriées... "Le sujet revient régulièrement, constate le colonel. À l'origine, elles protègent contre les flammes. Elles évitent d'être grillé comme un dragon quand vous êtes proche de la chaleur énorme qui rayonne d'un foyer d'incendie. On pourrait y greffer un moyen qui permettrait de filtrer au maximum les particules fines. Est-ce adapté ou pas ?" Certains SDIS en ont acheté en nombre. Faute de moyens financiers, le Lot-et-Garonne ne s'est pas lancé de manière massive dans cette démarche".
Pierre Hierholtz constate par ailleurs que ses hommes ne sont pas toujours à l'aise avec ces cagoules. Elles créent des contraintes supplémentaires. "Elles ne facilitent pas l'action dans l'incendie parce qu'il faut porter l'espèce de bec qui sert à filtrer. Or il laisse mal passer l'air."
Avec les représentants du personnel, il dit réfléchir à la solution la plus efficiente. "Le masque est un excellent moyen de filtrer les particules fines. Mais quel type de masque ? Et puis, sur des opérations vastes comme à Saumos, il n'est pas toujours simple de créer les chaînes logistiques pour les apporter du point de stockage jusque sur le terrain".
Le SDIS 47 accuserait-il un déficit de 800 000 € ? Interrogé à ce propos, le colonel Pierre Hierholtz rappelle qu'un déficit ne peut être constaté qu'à la fin de l'exercice comptable. Il souligne que l'ensemble des chiffres est en cours d'agrégation et évoque les éventuelles compensations nationales. "Le seul montant estimatif disponible indique 700 000 à 800 000 € de coûts supplémentaires par rapport au budget primitif du Sdis 47 voté le 5 février dernier. Ils sont liés à la réparation des camions, aux indemnités octroyées aux sapeurs-pompiers en échange du temps et du sacrifice dont ils font preuve, et à l’hébergement des renforts, après une année vraiment exceptionnelle (inondations, incendies). Mais on est encore en train d’agréger tous les chiffres, notamment pour indemniser au plus juste chaque volontaire." Il assure qu'à la fin de l'exercice comptable, le Sdis 47 sera à l'équilibre. "On n'a pas le choix".