Qui est le poète québécois d’origine haïtienne auteur d’un premier roman, « C’était ça ou mourir », que les jurys des grands prix littéraires d’automne, du Goncourt au Renaudot en passant par le Médicis ou le Femina, ont fait figurer sur leur première liste et qui vient par ailleurs de remporter le prix du roman Fnac ?
L’écrivain Thélyson Orélien, le 1ᵉʳ juin 2026. OLIVIER DION/LH/OPALE.PHOTO
Pour aller plus loin
Le mot « écrire » est étymologiquement un lointain cousin du mot « cicatrice » : les scribes ne faisaient-ils pas une entaille dans leurs tablettes pour graver leurs caractères ? C’est une vraie cicatrice que Thélyson Orélien nous montre sur son bras, une cicatrice d’écriture : « En Haïti, à Port-au-Prince, l’électricité, ça coupait tout le temps. J’écrivais à la lueur de la lampe à kérosène. Un jour, je me suis endormi sur la lampe, elle s’est cassée, je me suis brûlé. » « C’était ça ou mourir », le premier roman de ce poète québécois d’origine haïtienne, a été repéré par les Editions du Boréal, au Canada, qui l’ont publié en mars. Cette odyssée dantesque d’un migrant haïtien débarque en France après avoir été vendue un peu partout dans le monde, à coups d’enchères faramineuses. En France, les éditions Grasset ont remporté la mise. C’était avant l’éviction d’Olivier Nora par Vincent Bolloré. Bref, le roman d’Orélien a tout d’un symbole, en cette rentrée 2026. D’autant qu’il caracole en tête des ventes, derrière l’opus de Sarah Knafo, égérie d’Eric Zemmour, chez Fayard, première maison à avoir été « bollorisée ».
Le problème des symboles, c’est qu’ils sont lourds à porter. Et que cela fait oublier l’essentiel : « C’était ça ou mourir » est un livre puissant, tout comme l’est « l’Histoire de Souleymane », le film de Boris Lojkine qui avait été primé au Festival de Cannes (3 récompenses en 2024) puis aux César…
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