Des artistes réunis dans un manoir, un cadavre et Scotland Yard : cette réjouissante enquête confronte logique policière et imaginaire débridé. Ce soir à 21h10 sur Canal+ et disponible à la demande sur myCANAL.
« Ceci n’est pas un crime » de Christophe Dirickx et Paul Baeten STUDIOCANAL.
L’idée est aussi originale et enthousiasmante que la première ligne d’un cadavre exquis : et si une série de meurtres avait eu lieu pendant que des artistes surréalistes se réunissaient dans un manoir anglais exposant leurs œuvres à l’été 1936 ? Et les braves officiers de Scotland Yard de se retrouver aux prises avec les grands esprits tourmentés de l’époque tels que Magritte, Dalí, Lee Miller, Man Ray… Dès lors, deux visions du monde s’affrontent, la rationnelle et l’onirique avec, au centre, l’assassinat comme une possible discipline des beaux-arts.
Le pitch est d’autant plus réussi que la série place en son centre le jeune René Magritte (Pierre Gervais) se réveillant à côté du corps sans vie d’une artiste dans une mise en scène reproduisant un de ses tableaux. Certes, la soirée était endiablée mais tout de même… Et voilà que le peintre doit à son tour mener l’enquête pour prouver son innocence.
Ajoutez à cela un esprit autant belge que British prompt à se moquer des ambitions des poètes et arrivistes en tout genre (« Ils sont célèbres dans leur domaine je suppose car je ne connais aucun d’entre eux », tempère un policier, dubitatif), le décor d’une somptueuse demeure où tout ce beau monde se trouve enfermé et où l’on assiste à une très agréable partie de Cluedo.
Bien sûr, tout n’est pas crédible mais peu importe car, comme le rappelait André Breton à ses disciples : « Tout porte à croire qu’il existe un point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire […] cesseront d’être perçus contradictoirement. »
◗ Jeudi 24 septembre à 21h10 sur Canal+. Série belge de Christophe Dirickx et Paul Baeten (2025). Avec Pierre Gervais, Mathilde Warnier, Stephen Tompkinson, Donna Banya. 6 épisodes. (Disponible à la demande sur myCANAL).
Par Arnaud Sagnard