Le réalisateur confronte un enfant à un homme qui prétend être son père dans une fable sombre sur la filiation, le contrôle et le totalitarisme. Ce soir à 22h25 sur OCS et disponible à la demande sur myCANAL.
Bojtorján Barabas dans « Orphelin » de László Nemes LE PACTE
Son célèbre « Fils de Saul » reposait sur une équation à la limite de la mission impossible (filmer la Shoah en plan-séquence sans verser dans l’obscénité). « Orphelin », nouveau film du Hongrois László Nemes, s’appuie sur une ambition de même taille : brosser le portrait psychologique d’un enfant par le seul biais de l’action ludique en propulsant son petit personnage dans une intrigue quasi survivaliste en forme de montagnes russes, alternance de montées d’adrénaline et de dépressions, de rebuffades et de remises en cause.
Dans la Hongrie dévastée de 1957, au faîte de la répression communiste (le régime vient d’endiguer dans le sang un mouvement de révolte), Andor (Bojtorján Barabas) survit à la misère ambiante en rêvant à l’éternel retour de son père, juif, qu’il n’a jamais connu, porté disparu depuis sa déportation pendant la guerre. Jusqu’au jour où surgit de nulle part un boucher patibulaire au bras long (le Frenchy Grégory Gadebois, bestial et perfide juste ce qu’il faut), lequel revendique être son géniteur sans que la mère le contredise.
En résulte un duel presque biblique qui tire vers une allégorie du pouvoir totalitaire de ces années noires où l’obsession du contrôle sangle jusqu’au film lui-même. Au point qu’on se demande pour quelle raison exacte Nemes fabrique un tel objet figé dans ce passé, par-delà le seul plaisir du jeu.
◗ Lundi 21 septembre à 22h25 sur OCS. Drame hongrois de László Nemes (2026). Avec Bojtorján Barabas, Andrea Waskovics, Grégory Gadebois. 2h13. (Disponible à la demande sur myCANAL).
Par Guillaume Loison