Après une période au cours de laquelle le public pourra la visiter, le propriétaire actuel mettra ce bijou moderniste en location. ...
Il aura fallu sept mois, voici un siècle, pour voir la Withuis émerger de la campagne jettoise. Il aura fallu 7 ans de galère administrative, pandémie comprise, un siècle plus tard, pour que l'actuel propriétaire puisse enfin faire visiter ce bijou moderniste signé Joseph Diongre.
Et y habiter ? "En 2019, lorsque ma femme et moi avons racheté cette maison jusque-là occupée par les descendants de Jef Mennekens, poète néerlandophone et secrétaire communal de Molenbeek, c'était bien notre intention. Malheureusement, nous n'avons pas pu nous permettre d'attendre 7 ans. Cependant, le temps de l'exposition (cf. LLB de ce 11 septembre), nous occuperons la partie nouvellement construite à la place d'une bizarre excroissance sur le toit ajoutée par Diongre en 1934. Ensuite, nous veillerons à lui trouver un nouvel occupant. Cette maison, que Diongre a voulue comme une œuvre d'art totale, doit toujours être habitée (NdlR : elle fut classée en totalité, mobilier compris, en 1985)."
Conçue comme une oeuvre d'art total par Joseph Diongre, la Withuis a conservé son mobilier d'origne. ©Jean Bernard"On a pu compter sur un maître d'ouvrage un peu fou (sourire) et des artisans exceptionnels pour aller au bout du projet."
Pour les architectes Frédéric Goeminne (GAP) et Florence Doneux (//A), la première tâche fut d'étudier l'histoire de la maison, ses matériaux, ses techniques constructives et les transformations intervenues depuis sa création. "Quand on a découvert la maison, en 2019, on était devant une œuvre un peu 'fatiguée'. Contrairement aux architectes Art nouveau ou Art déco, Diongre, comme les autres modernistes, testait sans arrêt de nouvelles expérimentations parfois olé olé. La plus lourde tâche fut de revenir au plus près du résultat de l'époque, tout en appliquant des technologies actuelles et durables, pour faire de cette habitation un lieu confortable au XXIe siècle. On a pu compter sur un maître d'ouvrage un peu fou (sourire) et des artisans exceptionnels (lire le portrait ci-contre) pour aller au bout du projet."
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Cheminée en granito, radiateurs en fonte, simple vitrage en verre feuilleté plus isolant, portes et châssis en bois. ©Jean BernardFaçade en granito, châssis en bois et acier, cage d'escalier, tout a été soigneusement analysé et restauré. "Hors de question de mettre du double vitrage, donc nous avons opté pour des verres feuilletés, plus isolants que le simple vitrage", explique Florence Doneux. "La nouveauté est le lanterneau centré sur la cage d'escalier. Curieusement, il apparaissait sur les plans de Diongre en 1926, mais ne fut pas réalisé lors de sa livraison en 1927."
La Withuis, architecte Joseph Diongre, 1927. ©Jean BernardEt si l'extérieur est très majoritairement blanc, l'intérieur a retrouvé quasiment toutes les couleurs imaginées par Diongre. "Quand ce dernier venait à la maison, notre grand-mère devait décrocher tous les tableaux et autres ornements des murs. Pour l'architecte, la maison se suffisait à elle-même."
Des artisans aux spécialistes de l'Irpa en passant par Urban et la CRMS, pas moins de quarante personnes se sont penchées sur le cas de la Withuis pour la faire basculer dans la modernité… actuelle.
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