Visé par une série de plaintes pour abus de confiance, violences, harcèlement en ligne et atteintes sexuelles par d’anciennes élèves, Sébastien Boutillier est installé à Quillan depuis le début d’année 2026. Là où il...
Visé par une série de plaintes pour abus de confiance, violences, harcèlement en ligne et atteintes sexuelles par d’anciennes élèves, Sébastien Boutillier est installé à Quillan depuis le début d’année 2026. Là où il continue d’enseigner le yoga. Et où il estime être victime d’un "coup monté".
Sur ses réseaux sociaux, le 18 septembre, Sébastien Boutillier en appelle à la devise de l’Inde : "Satyameva jayate". Traduction : "Seule la vérité triomphe". Un adage que l’enseignant de yoga installé à Quillan depuis le début de l’année 2026 assortit d’une certitude : "Le mensonge tient un temps. Mais il finit par s’effondrer, tôt ou tard." Ce même 18 septembre, c’est en longueur qu’un autre post détaille sa situation : "J’ai envie de raconter comment je suis devenu un mouton noir dans le monde du yoga. Comment je suis devenu le prof de yoga le plus haï du sud de la France ?"
Haï ? A voir. Mais le bientôt quinquagénaire est en tout cas bien l’objet d’une série de plaintes, déposées au mois d’avril et mai 2026 dans des gendarmeries du Tarn, de l’Aveyron ou encore du Var. Abus de confiance, viol, envois réitérés de messages malveillants, atteintes physiques, l’éventail est large. Et vient s’ajouter à une main courante datée de février 2022, pour harcèlement en ligne. Point commun de toutes ces procédures : elles émanent d’anciennes élèves de l’enseignant. Autant de plaignantes que Sébastien Boutillier, rencontré le lundi 21 septembre à Quillan, assimile à "un groupe de gens avec qui j’ai eu des désaccords. J’ai un franc-parler qui peut parfois choquer les gens. Elles se sont mises à me descendre sur internet, à me faire évincer de festivals, à contacter des gens qui me connaissent pour dire du mal de moi". Autrement dit : "C’est une fatwa lancée par des gens malveillants, c’est injuste. J’ai perdu la moitié, voire les trois quarts de mes élèves."
Ce n’est pas de ma faute s’ils projettent un sauveur sur moi
Un avis posé en rejetant point par point les accusations dont il fait l’objet. L’abus de confiance pour le voyage en Inde organisé en octobre 2024, entre "conditions extrêmes" et tarif excessif ? "J’avais annoncé un voyage dans des conditions indiennes, pas touristiques, en précisant qu’on devrait peut-être dormir par terre un soir, à côté d’un temple. Les conditions de séjour étaient connues avant. Quant au prix, 1 200 € pour 15 jours, avec un accompagnant spécialiste de l’hindouisme, 24 h sur 24 avec elles, je vous invite à comparer." Et de produire le mail d’une autre participante, sollicitée pour contre-attaquer en louant le séjour vécu. Sans oublier le message d’une des plaignantes, reçue après le voyage, qui remercie l’enseignant "pour les photos et tous ces moments". Autant de documents qu’il assure avoir adressés aux gendarmes de Quillan, après son audition consacrée à ces accusations d’abus de confiance, le 21 août.
Les violences liées à des postures trop poussées ? Sébastien Boutillier les balaye aussi : "Personne n’a jamais été blessé dans un de mes cours. Je dis toujours qu’on peut sortir d’une position si et quand on le souhaite." La déchirure de 7 cm à la cuisse d’une élève suite à un grand écart excessif ? "Ce n’est absolument pas de ma faute. Je lui ai souvent reproché de pratiquer le yoga de façon trop compétitive, en ramenant tout au physique." Dans les 24 heures qui suivent l’entretien, c’est sur son profil Facebook, "Nakul Nath Yoga", qu’il redira n’avoir "jamais encouragé aucun élève à pousser son corps dans les postures".
L’accusation de viol qui a guidé la plainte d’une ancienne élève devenue sa compagne, avec qui il avait vécu à Agde, puis pendant un mois à Quillan, après son installation en Haute Vallée ? Convaincu qu’elle a subi "des pressions" pour porter plainte, il dénonce une "accusation mensongère. Je ne l’ai jamais forcée, entre nous, il n’y a jamais eu de violence." Le harcèlement en ligne subi par une autre ex-compagne ? "Il y a peut-être un mail où je lui dis qu’elle n’a rien compris au yoga. Mais pas de harcèlement." Autant de dénégations de plaintes qui, toutes, s’inscrivent dans un phénomène d’emprise. Sébastien Boutillier écarte l’idée même. Avec un argument pour le moins étonnant : "Je ne promets jamais rien à mes élèves, comme est-ce que je pourrais avoir une emprise ? Ce n’est pas de ma faute s’ils projettent un sauveur sur moi." Au lendemain de l’entretien, Sébastien Boutillier résumait sa lecture de la situation sur les réseaux sociaux : "Si des gens mentent à ton sujet, c’est parce que tu es trop propre pour des accusations réelles."