Originaire d’Agen et étudiante à Bordeaux, Maïmiti Gelly, 27 ans, a prêté sa voix aux 2 500 jeunes choristes réunis au Stade de France vendredi soir, pour la veillée aux côtés du pape Léon XIV. Très croyante, cette...
l'essentiel Originaire d’Agen et étudiante à Bordeaux, Maïmiti Gelly, 27 ans, a prêté sa voix aux 2 500 jeunes choristes réunis au Stade de France vendredi soir, pour la veillée aux côtés du pape Léon XIV. Très croyante, cette soprano anime depuis des années des offices dans l’Agenais et désormais à Mérignac en Gironde.
Dans l’immense enceinte du Stade de France, 2 500 voix n’en ont fait qu’une. Maïmiti Gelly était de celles-là. À 27 ans, cette jeune Agenaise, étudiante à Bordeaux depuis deux ans, a vécu avec une émotion particulière la grande veillée de prière avec le souverain pontife le pape Léon XIV, devant quelque 80 000 jeunes. Un moment de grande ferveur et de liesse pour ces jeunes catholiques.
Avec sa meilleure amie Léa, Maïmiti, soprano, avait postulé auprès d’Ecclesia Cantic, qui rassemble des chanteurs engagés dans les communautés et les églises. « On a candidaté, raconte-t-elle. On était sur la liste d’attente et puis on a été sélectionnées plus tard pour intégrer la chorale du pape. ». Le parcours est quelque peu iconoclaste pour sa part, elle ne fait partie d'aucune chorale, mais son solide bagage de chantre au service de l'église a joué, ainsi que la tessiture de sa voix.
À la tête de ce gigantesque chœur, Alexis Duffaure, maître de chapelle de la cathédrale Saint-André de Bordeaux depuis 2008. Formé au Conservatoire de Bordeaux, notamment en direction de chœur, puis à l’École Normale de Musique de Paris en direction d’orchestre, il est chef de chœur et d’orchestre et connaît intimement l’univers du chant sacré. Pour Maïmiti, cette divine aventure parisienne prolonge surtout une histoire de foi et de musique ébauchée dans l’Agenais. Très croyante, elle chante dans les églises depuis de nombreuses années. Sa foi constitue un chemin profondément personnel au sein de sa famille.
Chantre dans les églises, à Bon-Encontre le plus souventElle a notamment animé des offices, le plus clair du temps à Notre-Dame de Bon-Encontre, sa basilique de cœur, ainsi que des messes dans les églises de Layrac et d’Astaffort et l'église d'architecture brutaliste Sainte-Jeanne au Passage-d'Agen où elle était accompagnée de Romain, l'organiste. Lorsqu’elle revient dans sa région natale voir sa famille, elle continue de fréquenter l'église de Bon-Encontre. Le chant liturgique est devenu pour elle bien davantage qu'une simple pratique musicale, une façon de transcender la prière.
Avec Léa, son amie, elle avait déjà connu un grand moment religieux en mai 2025, lors d’une célébration autour de la Sainte Tunique d’Argenteuil, en présence de l’évêque de Pontoise. Une expérience qui lui avait laissé une forte empreinte et précédait d'une année le rendez-vous du Stade de France et surtout la venue en France du Saint-Père qu'elle avait déjà aperçu au Jubilé "Les Pèlerins d'Espérance" à Rome au cours de l'été 2025.
Pour la veillée de vendredi, les choristes ont reçu les partitions des chants à apprendre dans leurs villes respectives. "Un livret de 22 chants et un Ave Maria très émouvant dédié à la Vierge de Lourdes revisité par Alexis Duffaure". Puis dans le droit fil des répétitions en province, ont suivi les répétitions à Paris le jeudi soir dans un collège de Passy et la grande répétition générale au Stade de France toute la journée de vendredi dès 9 heures, entre balances, retours, l'accord des 2500 voix sopranos, altos, ténors et basses. « J’ai ressenti une immense joie, une paix et une profonde émotion le soir" lorsque les chants se sont élevés tous ensemble dans l'assemblée, confie Maïmiti, en citant également la qualité des scènes historiques reconstituées, des reliques des saints exposées, du rythme et des respirations entre "louanges, prières, chants à l'unisson et complies et le tout millimétré, même le chant, par rapport à l'arrivée puis au départ du pape" .
Ce qui l’a particulièrement frappée, confesse-t-elle, c’est la diversité des jeunes réunis autour d’une même foi. « Cela reflétait bien l’identité de l’Église ». Dans le répertoire chanté, elle perçoit ces sensibilités multiples : latin traditionnel, pop louanges et musique sacrée se répondent. Une pluralité qui, selon elle, n’empêche pas l’unité, mais la nourrit. "On se regardait tous. Nous entre choristes, les jeunes dans la foule, il y avait une vraie cohésion, une véritable fraternité ». Et la ferveur ne s’est pas arrêtée aux portes du Stade de France: « Les jeunes en rentrant dans le métro, continuaient de chanter. C’était très beau, une façon d’affirmer leur foi sans honte, en ayant trouvé leur place».
Dans cette foule immense, elle a retrouvé aussi une intensité bouleversante qui lui a rappelé les Jeux olympiques de Paris. «J’ai vécu la même ferveur que lors de la cérémonie des JO en 2024".
Pour Maïmiti, ces instants de partage demeureront inexorablement ancrés dans sa mémoire. « C’est un honneur pour la France et une fierté d’avoir organisé un tel événement et accueilli le pape Léon XIV. Cette veillée restera gravée en moi comme de l'ordre de la légende ».
Mais derrière ce moment exceptionnel et suspendu, la jeune femme retient surtout l'allégresse d’une jeunesse en quête de sens: « On est tous à des âges où parfois, on doute. On ressent nos faiblesses, nos fragilités, on fait face à des épreuves, ce qui nous fait nous poser des questions et, à un moment donné, on se tourne vers la foi et la religion. Il y a eu des temps d'intériorité et de prières lors de la soirée ». Une communion et des instants de grâce pour ces milliers de jeunes : « C’était un formidable message d’espérance véhiculé par le pape que nous avons vécu là. »