Le festival électro-rock Convenanza se déroule du 24 au 27 septembre dont deux soirées dans la cour du château comtal, fruit d’une collaboration de 14 ans entre les organisateurs et le centre des monuments nationaux.
Le festival électro-rock Convenanza se déroule du 24 au 27 septembre dont deux soirées dans la cour du château comtal, fruit d’une collaboration de 14 ans entre les organisateurs et le centre des monuments nationaux.
Les festivals s’invitent aux théâtres (Arles, Sète), comme aux arènes (Nîmes), sur l’esplanade royale du Peyrou à Montpellier, à l’aéroport de Fréjorgues (Hérault) et bien sûr les pieds au bord de l’eau pour les Déferlantes au Barcarès. L’unité de lieu a pris une importance primordiale pour susciter l’intérêt du public et l’expérience Convenanza à Carcassonne en est la meilleure des illustrations depuis déjà 14 ans. Comment rêver meilleur cadre que la cour du château comtal, pièce maîtresse de la cité, où l’on franchit le pont-levis pour profiter du meilleur de l’underground électro-rock ?
Le festival qui a débuté ce jeudi 24 septembre au bar à vin avant de migrer vendredi et samedi au château, est né d’une bromance entre feu Andrew Weatherall, DJ, producteur artiste majeur de la musique électronique anglaise ayant tissé les passerelles avec le rock ou le reggae, et la ville de Carcassonne et son histoire. Il avait jeté son dévolu sur l’endroit et pris le nom d’un rituel cathare, Convenanza, pour célébrer la musique.
"La personnalité d’Andrew, artiste de la "renaissance" qui a impacté la scène internationale, passionné de lithographie et écrivain, est venue s’adosser au château comtal" retrace Bernie Fabre, l’organisateur qui poursuit l’œuvre de Weatherall disparu en 2020. Mais pour écrire cette histoire, il fallait être deux, et le centre des monuments nationaux (CMN) a scellé cette union.
"Notre vocation c’est d’accueillir et d’offrir une diversité d’approches culturelles et un lieu comme celui-ci vit aussi à travers cette diversité. Il n’a pas vocation à être figé, le château doit s’ouvrir à toutes ces formes d’expression artistique et là, en plus, il y a une histoire humaine", abonde Franck Doucet, administrateur du château comtal, qui reçoit chaque année la visite de l’écrasante majorité des 700 000 touristes de la cité. "Le château a une valeur symbolique très forte parmi les monuments nationaux, c’est le premier visité de Province. Mais fin septembre, c’est ancré, c’est le week-end Convenanza."
Alors, comme de coutume, une écrasante majorité d’Anglais, mais aussi des Espagnols, vient profiter de l’événement, qui "attire une clientèle de haut niveau" assure Bernie Fabre, défendant sa "direction artistique pointue et dans l’esprit d’Andrew : l’éclectisme musical." Un indice de la notoriété toujours intacte de l’artiste trop tôt parti : le livre qui lui est dédié et sorti en début d’été s’est arraché en Angleterre, avec 7000 exemplaires écoulés, en tête des ventes et désormais épuisé.
L’esprit de Weatherall se retrouve dans les concerts tout d’abord, comme le rockabilly de Jeanie and the White Boys, emmené par la chanteuse éponyme, "bête de scène comme les Cramps", repérée à Londres. Citons aussi Ghost Dub, génial "sculpteur de sons dans l’espace".
"Une forme de relation privilégiée"Côté DJ’s, la formule reste inchangée, avec du temps donné à l’artiste pour qu’il s’exprime. Le traditionnel mix A love from outer space de Sean Johnson, l’éternel complice musical d’Andy Weatherall, occupe le vendredi pendant 5 heures, et la légende Optimo le samedi pour 4 heures. Ce mythique duo écossais n’est plus qu’un, avec la disparition de JD Twitch l’an passé, mais JG Wilkes porte la flamme toujours plus haut. Le bar à vin accompagne le festival, dés jeudi soir, puis les après-midi de vendredi, samedi et la traditionnelle clôture du dimanche 100 % féminin dont la sensation londonienne Tia Cousins. Et puis le salon littéraire se tiendra aussi dimanche, à l’hôtel de la cité, avec la maison d’édition White Rabbit.
"Qautorze ans, c’est un bel âge ! C’est une forme de relation privilégiée entre Convenanza et nous, que l’on a plaisir à faire perdurer et faire évoluer", se réjouit encore Franck Doucet.