La Sauvegarde de l’enfance Haute-Occitanie a obtenu un nouveau délai pour poursuivre son redressement judiciaire. Mais avec des finances toujours sous tension, la recherche d’un repreneur reste l’enjeu majeur.
l'essentiel La Sauvegarde de l’enfance Haute-Occitanie a obtenu un nouveau délai pour poursuivre son redressement judiciaire. Mais avec des finances toujours sous tension, la recherche d’un repreneur reste l’enjeu majeur.
Le compte à rebours se poursuit pour la Sauvegarde de l’enfance Haute-Occitanie (Sehoc). Dans son délibéré rendu ce mardi en fin de matinée, le tribunal judiciaire de Montauban a prolongé de trois mois la période d’observation de l’association, placée en redressement judiciaire depuis le 30 janvier après avoir accumulé un déficit d’environ 5 millions d’euros.
La juridiction dresse un constat plus que préoccupant de la situation financière de la Sehoc. Selon les prévisions de l’expert-comptable, la trésorerie resterait positive jusqu’en octobre 2026, à hauteur de 228 000 euros, avant de devenir négative en novembre (-11 000 euros), puis d’atteindre -251 000 euros en décembre. La décision souligne aussi que les frais liés à la procédure continuent de peser sur les comptes de l’association, avec notamment 60 000 euros d’honoraires d’avocats à régler en juillet 2026.
Le tribunal revient par ailleurs sur les demandes formulées par les représentants du personnel lors de l’audience du 29 juin. Les élus du comité social et économique (CSE) demandaient que les difficultés de gestion relevées dans la procédure soient examinées et que d’éventuelles responsabilités puissent être établies. Le délibéré mentionne que le procureur de la République a pris acte des manquements signalés dans le rapport de l’administrateur judiciaire.
Une audience fixée au 6 octobreAlors que la prochaine audience a été fixée au 6 octobre, Claire Laguidon, éducatrice spécialisée et secrétaire du CSE, espère désormais que le calendrier laissera suffisamment de temps pour mener à bien la cession de l’association. "C'est la seule issue possible, donc on concentre toutes nos forces là-dessus pour essayer de faire au mieux", explique-t-elle.
Un enjeu qui concerne directement les 270 salariés de la structure, mais aussi les près de 2 300 mineurs accompagnés au quotidien dans le Gers, le Lot, le Tarn et le Tarn-et-Garonne à travers différents dispositifs de protection de l’enfance.
Les candidats à la reprise bientôt auditionnésLes représentants du personnel doivent rencontrer les candidats intéressés par une reprise les 25 et 26 août, quelques jours avant la remise de leurs propositions définitives, attendues pour le 31 août. Des échanges jugés essentiels par le CSE pour faire entendre les attentes des salariés et mieux comprendre les différentes orientations envisagées.
À ce stade, une demi-douzaine de dossiers ont été déposés pour reprendre tout ou partie des activités de la Sehoc. Certains émanent d’associations déjà implantées dans le secteur de la protection de l’enfance, avec des projets visant à maintenir largement les missions actuelles et les emplois. D’autres sont plus limités, avec des périmètres de reprise réduits ou portés par des structures ne relevant pas de la même convention collective.
Les prochaines semaines seront donc décisives. Face à une situation financière qui continue de se dégrader, les représentants du personnel espèrent désormais qu’une solution pourra être trouvée dans les meilleurs délais pour garantir la poursuite des accompagnements auprès des jeunes suivis par l’association. Le CSE a d’ores et déjà annoncé une mobilisation devant le tribunal lors de la prochaine audience du 6 octobre, à 14 heures.