Dix mois de prison ferme, c'est la peine infligée par le tribunal judiciaire de Montauban à Kacem, 35 ans, jugé en comparution immédiate pour des violences commises le 12 juillet 2026 à Caussade (Tarn-et-Garonne)....
l'essentiel Dix mois de prison ferme, c'est la peine infligée par le tribunal judiciaire de Montauban à Kacem, 35 ans, jugé en comparution immédiate pour des violences commises le 12 juillet 2026 à Caussade (Tarn-et-Garonne). Tout part d'une proposition de cigarettes refusée, avant qu'une dispute autour d'une prétendue relation extraconjugale ne dégénère en rixe avec un couple. Coups échangés, sac à provisions brandi, un témoin évoquant même un couteau jamais retrouvé : à l'audience, le prévenu inverse les rôles et nie tout, avant d'écoper d'une peine alourdie par la révocation d'un sursis.
Barbe noire, cheveux bouclés, jeans délavés et baskets blanches immaculées sous un tee-shirt clair : à la barre du tribunal judiciaire de Montauban (Tarn-et-Garonne), Kacem C., 35 ans, garde la même phrase à la bouche, répétée comme un refrain. "Je ne suis pas d'accord."
Une rue, une bière, un refusTout commence dans la douceur d'un soir d'été, le 12 juillet 2026, rue Pierre-Nicolau à Caussade. Un homme d'origine portugaise est assis dehors quand un vendeur de cigarettes à la sauvette s'approche.
"La victime est assise dehors en train de boire une bière lorsqu'un homme lui propose des cigarettes. Il refuse. Il lui met deux téléphones dans la poche et lui demande 150 €, il dit non et l'ignore", résume la présidente Aude Salalfranque. Rien de grave, pour l'instant. Juste un refus, et un homme qui rentre chez lui.
C'est là que tout bascule. En racontant sa soirée à sa femme, le vendeur à la sauvette aurait prétendu avoir eu une relation avec elle. Une phrase de trop. Furieuse, elle sort dans la rue pour s'expliquer avec Kacem. "Le ton monte, des coups sont échangés et même un sac à provisions", poursuit la juge. Trois jours d'incapacité totale de travail seront constatés en faveur du mari. Un témoin, lui, jure avoir vu un couteau.
Deux versions, un même bancÀ la barre, Kacem renverse tout. Voix ferme, regard qui ne cille pas : "J'aimerais bien que les caméras de vidéosurveillance de la commune fonctionnent... Je suis allé au Casino, je me suis assis à côté de lui, je ne lui ai rien proposé, et je suis parti au kébab. C'est après que sa femme est venue m'insulter en disant que j'avais couché avec elle." Puis, plus sec : "C'est lui qui m'a agressé et je n'ai jamais mis de coup de sac."
"Plusieurs témoins disent le contraire, trois personnes disent la même chose", rétorque la présidente, avant de confirmer qu'aucun couteau n'a été retrouvé. Le prévenu ne détourne pas les yeux, mais ne répond plus.
Sa situation ne plaide pas pour lui. Bénéficiaire du RSA, il dit vivre chez sa mère "malade" et s'être marié il y a quatre mois au Maroc. Il vient tout juste de finir 140 heures de travail au Secours catholique, pour sa neuvième condamnation. Le juge de l'application des peines demande la révocation totale de son sursis.
Face à lui, la victime raconte deux jours de travail perdus et une douleur persistante à une côte. Il réclame 300 euros de dommages et intérêts.
Une pluie de coups, un sursis qui s'effondreLa substitut Manon Noël reconnaît "un petit flou sur qui donne des coups le premier", mais tranche : "c'est lui qui va au contact et donne une pluie de coups." Elle requiert 16 mois de prison ferme avec maintien en détention, et la révocation de 4 mois de sursis probatoire.
Debout, Me Morgane Morin tente de renverser le rapport de force : "Le plus gros tort de mon client, c'est d'être rentré chez lui sans être passé par la brigade", plaide-t-elle, rappelant que dans ce type de dossier, c'est souvent le premier plaignant qui est cru. Elle ironise, presque cinglante : "S'il avait pris une dizaine de coups comme il dit, il n'aurait pas que deux égratignures et mal à une côte."
Le tribunal tranche : 6 mois de prison ferme, auxquels s'ajoutent les 4 mois révoqués. Dix mois à purger immédiatement. Kacem ne baisse pas la tête. Avant que l'escorte ne l'emmène, il se tourne vers la présidente et lâche, sans un frémissement : "Combien je vais avoir de remise de peine."