Trois ans de prison, dont un an avec sursis probatoire : c'est la peine infligée le 21 juillet 2026 par le tribunal judiciaire de Montauban (Tarn-et-Garonne) à Gaël, 39 ans, autoentrepreneur en BTP de Montbartier,...
l'essentiel Trois ans de prison, dont un an avec sursis probatoire : c'est la peine infligée le 21 juillet 2026 par le tribunal judiciaire de Montauban (Tarn-et-Garonne) à Gaël, 39 ans, autoentrepreneur en BTP de Montbartier, jugé en comparution immédiate et déjà détenu. Il répondait de deux nouvelles violences conjugales commises sous les yeux de sa fille mineure : le 18 juillet à Saint-Porquier, où il a violemment tiré le frein à main sur une route, insulté sa compagne et l'a frappée au visage ; puis en février 2026 à Montbartier, où il lui a jeté des objets au sol.
Crâne rasé sur les côtés, calvitie naissante sur le dessus, barbe taillée court, tee-shirt gris moulant des épaules larges et des bras noueux : Gaël Etienne, 39 ans, occupe le box avec une carrure qui contraste avec sa défense, maladroite mais jamais résignée.
Autoentrepreneur en BTP installé à Montbartier, en Tarn-et-Garonne, il comparaît devant le tribunal judiciaire de Montauban, détenu depuis son interpellation. Il doit répondre de deux nouvelles violences conjugales commises devant sa fille mineure, le 18 juillet à Saint-Porquier et en février 2026.
Le climat dans le couple est déjà lourd. Le 18 juillet, alcoolisé au retour d'un baptême, Gaël demande à sa compagne, au volant, de doubler un automobiliste jugé trop lent, devant leur fille de 12 ans assise à l'arrière. La femme refuse : la ligne est continue. Lui tire alors le frein à main d'un coup sec, manquant de provoquer un accident.
"Vous la traitiez de mongolienne"Au feu suivant, il descend pour aller trouver l'automobiliste. Il n'en aura pas le temps. La suite est pire. "Vous la traitiez de mongolienne et vous tentez de l'expulser de la voiture après un nouveau serrage de frein à main car vous voulez prendre le volant. Elle refuse, votre gamine pleure et a très peur, c'est elle qui joint les gendarmes", résume la présidente Aude Sallafranque. La victime a reçu un coup au visage.
Face à elle, l'homme aux gros bras se fait tout petit. "Avec l'alcool, je ne me rappelle rien", lâche-t-il. "Qu'aviez-vous bu ?" "Au moins cinq verres de whisky." "Tous les gens qui boivent ne frappent pas leur compagne", rétorque la présidente. "Je ne suis plus maître de moi quand j'ai bu", tente Gaël. "Mais vous lui avez fait quoi ?", insiste-t-elle. "C'est une dispute sans violence", finit-il par dire.
"Je ne suis plus maître de moi quand j'ai bu""Comme en février lorsque vous lui jetez des objets dessus et qu'elle est tombée au sol ?" Le prévenu tente les remords : "Je m'en suis excusé, je ne me rends pas compte de ce que je fais quand j'ai bu", martèle-t-il, sans lever davantage les yeux. Six mentions à son casier, dont deux déjà pour violences conjugales en 2011 et 2019, achèvent de noircir le tableau.
À la barre, la victime, elle, se contredit. "Je veux juste qu'il répare les dommages sur la voiture", dit-elle, avant d'ajouter : "C'est quelqu'un de super sans alcool, sa maladie est un handicap." La présidente coupe court : "Il a déjà une avocate, on parle de vous, il se défendra tout seul."
"Je veux juste la paix"Son ex-femme, mère de leur fille, tient un tout autre discours. Terrorisée, en sanglots, elle raconte que leur fille "a eu très peur. Lorsqu'elle m'a appelé à l'aide dans la voiture, elle craignait qu'il ne les tue." Puis, la voix brisée : "Cela ne s'arrête jamais, je ne veux rien, pas de dommages et intérêts, je veux juste la paix."
Des mots qui pèsent sur la vice-procureure Magali Bordes, qui requiert deux ans dont six mois avec sursis probatoire et le maintien en détention pour les 18 mois ferme.
Le tribunal dépasse les réquisitionsFace à elle, Me Amélie Piazzon plaide la mesure : "Incarcérer un homme qui a une addiction, ce n'est pas une bonne idée." Elle rappelle que le taux de surpopulation carcérale à Beausoleil atteint 200 % et l'épidémie de gale qui y sévit.
Le tribunal ne l'entend pas ainsi. Il dépasse les réquisitions et condamne Gaël à trois ans de prison dont 12 mois avec sursis probatoire, les deux années restantes fermes et exécutoires immédiatement. Il lui interdit tout contact avec sa fille et lui retire l'autorité parentale.