Les révélations successives de trois petites filles ont conduit leur grand-oncle devant le tribunal de Montauban (Tarn-et-Garonne), ce vendredi 31 juillet. Poursuivi pour des agressions sexuelles incestueuses commises...
l'essentiel Les révélations successives de trois petites filles ont conduit leur grand-oncle devant le tribunal de Montauban (Tarn-et-Garonne), ce vendredi 31 juillet. Poursuivi pour des agressions sexuelles incestueuses commises entre 2019 et 2025, cet homme de 65 ans, déjà condamné en 2013 pour des faits similaires, a écopé de quatre ans de prison ferme au terme d'une audience pesante au point d'être interrompue de longues minutes.
Le silence est pesant dans la salle Clémence-Jusselin du palais de justice de Montauban (Tarn-et-Garonne), ce vendredi 31 juillet. Le dos voûté, le crâne dégarni, Christian s'avance à la barre, tête baissée, en traînant les pieds. L'homme de 65 ans comparaît pour des agressions sexuelles incestueuses commises sur ses trois petites-nièces, après le renvoi d'une première audience. Presque mutique tout au long des débats, il sera finalement condamné à quatre ans de prison ferme, avec maintien en détention.
Des faits commis entre 2019 et 2025Tout commence par une révélation. Le 16 janvier 2026, Sandrine (prénom modifié) pousse les portes du commissariat de Montauban pour déposer plainte. Quelques instants plus tôt, son fils lui a rapporté les confidences de sa sœur Clémentine (prénom modifié), née en 2010. L'adolescente raconte que leur grand-oncle profitait des nuits passées chez leurs grands-parents, où il réside également, pour la toucher à plusieurs reprises.
Sous le choc, la mère traverse immédiatement la rue pour confronter Christian, qui vit avec la grand-mère des enfants. Lorsqu'elle lui demande s'il a agressé sa fille, le sexagénaire se contente d'une question déroutante : "Quand ?" À l'audience, la procureure y verra "une réponse qui veut tout dire".
Attouchements sur les parties intimes et baisers forcésPour Sandrine, la stupeur monte encore d'un cran à son retour au domicile familial. La parole se libère entre les trois sœurs. Julie (prénom modifié), née en 2015, confie à son tour avoir été victime d'attouchements. Quelques jours plus tard, Lucie (prénom modifié), de 2012, sort également du silence. Les trois enfants décrivent un même mode opératoire : Christian profitait d'un moment où il se retrouvait seul avec elles pour passer à l'acte.
Les déclarations des trois sœurs sont reprises une à une. L'aînée évoque une dizaine d'agressions commises entre 2019 et 2025. "Je ne savais pas que c'était grave", explique-t-elle aux enquêteurs. Elle décrit des attouchements sur les parties intimes, des baisers sur la bouche, mais aussi une pénétration digitale.
"Je ne l'ai fait qu'une seule fois"Face au tribunal, Christian ne conteste pas entièrement les accusations, mais tente de minimiser leur fréquence. "Je ne l'ai fait qu'une seule fois", affirme-t-il. "Pourquoi ne l'avez-vous pas refait ?", l'interroge la présidente. Le silence s'installe dans la salle. Le prévenu baisse la tête. Comme souvent lorsqu'il est questionné sur ses motivations.
Le même malaise gagne l'audience lorsque sont évoqués les faits relatés par Lucie. Lors d'une cueillette de framboises à l'été 2025, la jeune fille raconte que son grand-oncle a attendu que sa grand-mère et son petit frère s'éloignent pour se rapprocher d'elle. "Il a touché mes fesses et m'a dit : 'Ma petite puce, je t'aime'", rapporte-t-elle. Un épisode similaire se serait reproduit lors d'une balade autour d'un lac.
Condamné pour des faits similaires en 2013La benjamine évoque également des gestes déplacés de la part de Christian pendant les fêtes de Noël 2025. "Papi Christian touche là où il ne faut pas", résume-t-elle dans son témoignage. Le frère des victimes confirme, lui, avoir déjà surpris son grand-oncle poser les mains sur les fesses de ses sœurs et lui demander de garder le silence.
Un élément retient particulièrement l'attention du tribunal : Christian n'en est pas à sa première condamnation. En 2013 déjà, il avait été reconnu coupable d'agressions sexuelles sur deux fillettes de 9 et 10 ans, les enfants d'un ami. Il avait alors été condamné à trois ans d'emprisonnement avec sursis, assortis d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de soins. Les éléments dressent le portrait d'un homme qui a toujours vécu avec sa sœur et qui reconnaît n'avoir jamais connu de relation sexuelle.
Des débats interrompus par un malaise du prévenuDans son réquisitoire, la procureure décrit un "rituel incestueux". Elle souligne également une similitude dans le profil des victimes, souvent âgées d'une dizaine d'années. De son côté, l'avocate de la partie civile pointe du doigt le silence de la grand-mère, qui connaissait la précédente condamnation de Christian sans en informer le reste de la famille.
Quelques minutes avant le dénouement, l'audience est interrompue. Le prévenu se plaint de douleurs à la poitrine. Les pompiers interviennent pour contrôler son état de santé. Vingt minutes plus tard, les débats reprennent.
Le tribunal suit finalement les demandes du ministère public. Christian est condamné à quatre ans d'emprisonnement ferme, avec maintien en détention, ainsi qu'à quatre ans de suivi socio-judiciaire. Il devra également indemniser les victimes. Clémentine, la plus durement affectée par les faits, bénéficiera d'une expertise psychiatrique.