Six mois après l’arrivée de Laurent Bruneau à la mairie d’Agen, le groupe Agen au cœur hausse le ton. Clémence Brandolin-Robert réclame désormais un cap politique et financier. Avec un avertissement : la ville ne peut...
Six mois après l’arrivée de Laurent Bruneau à la mairie d’Agen, le groupe Agen au cœur hausse le ton. Clémence Brandolin-Robert réclame désormais un cap politique et financier. Avec un avertissement : la ville ne peut pas se permettre de s’endormir.
Le temps de l’installation est terminé. Celui de la confrontation politique commence. Pour sa rentrée, Agen au cœur place la nouvelle majorité face à ses responsabilités. Six mois après l’élection de Laurent Bruneau, Clémence Brandolin-Robert sonne clairement la fin de l’état de grâce : « Le temps des réponses doit arriver. »
La cheffe de l’opposition reconnaît pourtant la difficulté des premiers mois du mandat. L’incendie de la rue Garonne, la canicule et plusieurs événements dramatiques ont mis la municipalité à rude épreuve. Agen au cœur salue « la mobilisation des agents, des services municipaux et des élus ». « La majorité a été présente et il faut le souligner », insiste-t-elle.
Même satisfecit pour l’aboutissement de projets engagés sous l’ancienne municipalité, comme la médiathèque, la pelouse d’Armandie ou la place Fallières. « Peu importe qui les porte, du moment que cela va dans l’intérêt des Agenais, nous le soutenons. » L’entrée en matière est mesurée. La suite l’est beaucoup moins.
Le premier avertissement est financier. « Le cap de la majorité reste introuvable », attaque Clémence Brandolin-Robert. L’audit présenté fin juin faisait apparaître la nécessité de dégager 2,5 millions d’euros d’économies. Depuis, affirme l’opposition, aucune trajectoire précise n’a été soumise au conseil municipal.
Épargne brute, dette, dépenses de fonctionnement, pistes d’économies : Agen au cœur veut des chiffres et des choix. « C’est hyper compliqué de trouver des économies parce que chaque élu a des idées de dépenses. Ça, c’est très facile. Mais il est de la responsabilité de la majorité de faire ces propositions-là. »
À cette incertitude s’ajoute, selon elle, l’absence de plan pluriannuel d’investissement. Écoles, voirie, patrimoine municipal : les dossiers ne manquent pas, mais leur calendrier demeure illisible. Le kit scolaire, la tarification des cantines ou l’évolution du stationnement ont bien été mis en œuvre. Insuffisant, tranche l’opposante : « Gouverner une ville, ce n’est pas faire trois projets et puis rien du tout. »
Sécurité, santé, travaux dans les écoles, conseils de quartier : Agen au cœur estime que les décisions structurantes tardent. L’opposition reconnaît une équipe « visible sur le terrain », mais lui reproche de ne pas avoir traduit cette présence en ligne politique. D’où sa formule la plus dure : « La crainte, c’est qu’il y ait un grand endormissement de la machine municipale. C’est dangereux parce qu’il y a des attentes très fortes et vraiment beaucoup de boulot. »
Le deuxième front concerne la démocratie municipale. Le groupe affirme ne toujours pas disposer de bureau et regrette que les commissions ne soient pas pleinement installées. « Cela fait six mois que nous sommes invités à couper des rubans, mais nous n’avons pas d’instance de travail », pique Clémence Brandolin-Robert.
La bataille se déplace enfin vers l’Agglomération. Depuis que le maire d’Agen en a perdu la présidence, le 9 avril, l’opposition questionne le poids réel de la ville-centre. « Aujourd’hui, Agen n’est plus ce moteur-là », estime sa cheffe de file, avant de poser la question qui devrait alimenter les prochains débats : « Est-ce qu’Agen restera le moteur politique de l’Agglo ? »
Après six mois d’observation, Agen au cœur change donc de braquet. Le soutien dans les crises demeure. Mais sur le terrain politique, la trêve est terminée.