Entre Perpignan et Madrid, le Train de la French Tech a une nouvelle fois transformé plusieurs heures de voyage en opportunités. À son bord, 28 start-up venues d’Occitanie dont des Pyrénées-Orientales, d’Espagne et...
Entre Perpignan et Madrid, le Train de la French Tech a une nouvelle fois transformé plusieurs heures de voyage en opportunités. À son bord, 28 start-up venues d’Occitanie dont des Pyrénées-Orientales, d’Espagne et d’Andorre se sont prêtées à un exercice assez original : défendre leur projet en une minute chrono devant investisseurs, dirigeants et experts de l’innovation.
Imperturbable. C’est dans cet état d’esprit qu’il fallait embarquer ce mardi 2 juin à bord du Train de la French Tech. Pour sa septième édition, l’événement a quitté la gare de Perpignan en direction de Madrid avec, à son bord, 28 start-up venues d’Occitanie mais aussi de Paris, Barcelone, Majorque, León, Andorre et Madrid. Une demi-douzaine d’entre elles sont issues du Pays catalan.
Pour mémoire, l’idée de l’événement est de transformer plusieurs heures de trajet en un vaste espace de rencontres, de prospection. Entre entrepreneurs, investisseurs et professionnels de l’innovation. Dans les allées du train, les cartes de visite s’échangent rapidement. Mais le moment le plus attendu est celui des pitchs. Un exercice délicat où chaque startupper dispose d’une seule minute pour convaincre un jury composé d’investisseurs et de chefs d’entreprise.
Pitcher sa start-up dans un train lancé à près de 300 km/h, telle était la mission du jour pour les entrepreneurs.
L'Indépendant - D. C.
Dans le couloir de la rame, au milieu des voyageurs, les candidats défilent. Le train tangue légèrement. Et file à près de 300 km/h mais l’audience reste très attentive. Grâce à un système d’écouteurs connectés à leur smartphone, les passagers suivent chaque présentation en direct. Ici, pas de scène, ni de projecteur. Il faut avancer dans l’allée, capter les regards, occuper l’espace tout en restant concentré sur l’essentiel, sa start-up.
Neeko, l’appli qui met en relation restaurateurs et extrasEn début d’après-midi, c’est au tour de Mao Froment. À 25 ans, ce Catalan au parcours atypique s’apprête à présenter Neeko. Un peu stressé, il choisit de pitcher en français.
"J’ai un profil hybride", explique-t-il. Ses études en poche, il décroche un CDI dans un cabinet de conseil à Paris. Mais l’aventure l’appelle en Australie. C’est là-bas que naît l’idée de son application.
"Neeko ambitionne de résoudre un problème bien connu des restaurateurs. Celui de trouver rapidement du personnel qualifié pour remplacer une absence de dernière minute. C’est une application de mise en relation entre restaurateurs et extras", résume-t-il.
Le principe est simple. Les restaurateurs publient un besoin sur l’application et les travailleurs disponibles sont géolocalisés selon leurs compétences. Pas de CV à envoyer, ni de longues démarches administratives. À la façon de l’application de rencontre Tinder, Neeko repose sur un système de "matching" destiné à trouver une réponse en quelques heures.
"On veut combler ces moments où un serveur, un plongeur, un cuistot ou un barman vous plante à 18 heures alors que le restaurant est complet", poursuit l’entrepreneur.
Depuis le lancement de la version commercialisable en avril 2026, Neeko a été téléchargé plus de 1 000 fois. "On a fait près de 500 inscriptions et on a plusieurs centaines de travailleurs disponibles sur la plateforme."
Pour Mao Froment, la présence dans le Train de la French Tech représente beaucoup. "On veut avoir les moyens de nos ambitions. Clairement, on cherche des investisseurs. Et l’Espagne représente également une piste de développement naturelle. Le marché madrilène rencontre les mêmes difficultés que le marché français."
En milieu d’après-midi, les derniers pitchs s’achèvent. La tension retombe progressivement. "C’était dur de condenser une année de travail en une minute. Il faut s’approprier l’espace alors que tout bouge autour de vous. Mais je suis content de ma prestation", souffle le jeune homme.
Reste désormais à attendre le verdict du jury ce mercredi. Les dix meilleurs projets seront invités à défendre leur entreprise lors du South Summit de Madrid. La Mecque de l’innovation internationale qui rassemble plus de 20 000 participants, 7 500 start-up et plus de 2 000 investisseurs venus du monde entier.
Michael Sanchez-Escriva, le fondateur de FreshPrice, la start-up catalane qui veut anticiper les tendances du marché des fruits et légumes.
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"Aujourd’hui, le problème n’est plus le manque d’information, mais le manque de temps pour la traiter." Fort de plus de quinze ans d’expérience dans la filière fruits et légumes, notamment au marché international Saint-Charles de Perpignan, Michael Sanchez-Escriva connaît les difficultés auxquelles sont confrontés producteurs, grossistes et distributeurs.
Avec FreshPrice, cet entrepreneur franco-espagnol installé à Perpignan développe une solution basée sur l’intelligence artificielle capable d’analyser plus de 60 indicateurs, "de la météo à la logistique en passant par les volumes de production". "Je ne fais pas de prédiction de prix. Je travaille sur toutes les dynamiques qui participent à la formation de ces tarifs", précise-t-il.
Déjà testée auprès de professionnels du secteur, la solution entre désormais dans une phase de structuration. "Participer au Train de la French Tech, c’est pour me permettre de développer mon réseau et de trouver les partenaires."